Attribué à Pieter AERTSEN et un collaborateur (1508 – 1575) - Lot 59

Lot 59
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Attribué à Pieter AERTSEN et un collaborateur (1508 – 1575) - Lot 59
Attribué à Pieter AERTSEN et un collaborateur (1508 – 1575) Saint Jean l’Evangéliste, sainte Apolline, sainte Catherine, sainte Barbe et saint Antoine devant un paysage Panneau de chêne, renforcé 232 x 190 cm Provenance: Vente Charmetant, Paris, Hôtel Drouot (M e Origet), 23 mai 1908, n°146, reproduit (école italienne du XVIe siècle). Notre tableau, aux influences évidentes de Pieter Coecke van Aelst, pourrait s’inscrire dans la toute première période d’activité du peintre hollandais Pieter Aertsen. Le tableau, inédit, est à mettre en relation avec un dessin conservé à Oxford (Ashmolean Museum). D’abord considéré comme un projet pour un vitrail, Wouter Kloek, qui publie le dessin comme une œuvre de jeunesse d’Aertsen, proposait qu’il s’agisse plutôt d’un vidimus, sorte de contrat entre artiste et commanditaire, pour un retable (voir W. Kloek, Pieter Aertsen, La Haye 1990, p. 136, n° A.I, reproduit). Les variantes entre notre tableau et le dessin d’Oxford sont visibles : les deux petites figures (saint Roch et saint Sébastien) ont disparu et la tour de sainte Barbe a été placée à un niveau plus élevé. Le paysage quant à lui révèle de l’influence de Jan van Scorel, artiste majeur en Hollande vers 1540. Par rapport aux œuvres de la maturité d’Aertsen, l’exécution du retable est plus dure, aves des contours plus marqués. Cela peut s’expliquer par le fait que le projet a été commencé par Aertsen et que l’exécution finale a été réalisée par un autre artiste. Cependant le traitement des figures et de la composition sont à rapprocher d’autres œuvres des années 40 et 50 comme par exemple les deux triptyques de Léau (Zoutleeuw), le Sept joies de la Vierge et le Sept douleurs de la Vierge datés de 1554 (Eglise saint Leonard, Léau). Surnommé Lange Pier (« Pierre le Long »), Pieter Aertsen naît à Amsterdam et devient franc-maître à Anvers en 1535. Il obtient la citoyenneté anversoise en 1542 et y demeure jusqu’aux environs de 1556. À ses débuts dans la ville, il loge chez le peintre Jan Mandyn, suiveur de Hieronymus Bosch. Aertsen apparaît comme l’un des artistes qui transcrit en peinture avec le plus de force les leçons de l’école néerlandaise et de l’école flamande, dépassant les cadres strictement nationaux. Ses fils, Pieter Pietersz et Aert Pietersz deviennent peintres. Il forme également son neveu Joachim Beuckelaer. Peintre éclectique, il aborde aussi bien les compositions religieuses que les scènes de genre et le portrait. Dans ses scènes de garde-manger comme le Jésus chez Marthe et Marie (1559) conservé aux Musées royaux des Beaux-Arts (Bruxelles), il déploie un réalisme à la fois foisonnant et familier, en associant les figures traitées en portraits aux natures mortes. Ces compositions, dont les premiers plans débordent de légumes accumulés, restent empreintes d’un pathos maniériste caractéristique du XVIe siècle. Dans les tableaux à thème sacré, la scène religieuse est souvent reléguée à l’arrière-plan (ce qui aura du succès chez ses suiveurs notamment Beuckelaer) et pour les figures Aertsen développe une manière héroïque et solennelle, en réponse à son concurrent Frans Floris, comme en témoigne le Portement de croix (1552), conservé au Musée royal des Beaux-Arts d'Anvers. Nous remercions Wouter Kloek pour son aide dans la rédaction de cette notice.
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