Pham Hau (1903-1994) - Lot 57

Lot 57
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Pham Hau (1903-1994) - Lot 57
Pham Hau (1903-1994) Harde de cerfs dans la jungle, vers 1940 Très rare ensemble de trois panneaux formant triptyque en bois laqué polychrome et doré Signé et cachet de l’artiste en bas du panneau de droite 80 x 80 cm (panneau) 240 x 80 cm (total) Provenance : - Collection particulière française. Offert en cadeau de départ à la retraite, à la fin des années 1980 ou au début des années 1990, au père de l’actuel propriétaire, alors employé d’une société de tannage de cuir située dans la région toulousaine. L’œuvre provenait du dirigeant de cette société, qui avait vécu en Asie. Transmis par descendance aux actuels propriétaires. Né en 1903 dans le village de Dông Ngac, au Vietnam, Pham Hau grandit dans un environnement encore profondément marqué par les traditions artisanales locales. Il fit ses premières années d’apprentissage dans l’atelier de Nam Son (Nguyen Van Tho, 1890-1973), qu’il rencontra par l’intermédiaire de son beau- père. Cette étape se révéla décisive dans la carrière de l’artiste : auprès de ce pionnier de la peinture moderne vietnamienne et l’un des pères fondateurs de l’Ecole des Beaux-Arts de Hanoi, il reçut une formation académique rigoureuse, se perfectionna avec constance et affirma progressivement un style unique. Il intégra ensuite, avec succès, la cinquième promotion de l’École supérieure des Beaux-Arts d’Indochine entre 1929 et 1934. Durant ces années fondatrices, il se passionna pour la technique de la laque, un médium exigeant qu’il étudia avec une rare assiduité, explorant les ressources plastiques, les jeux de matières, de transparences et de profondeurs. Après l’obtention de son diplôme, il rejoignit un groupe de peintres avant-gardistes avec lequel il s’ouvrit à de nouvelles perspectives de création, conciliant héritage vietnamien et recherches esthétiques modernes. Très rapidement, il fonda son propre atelier de laque dans son village natal de Dông Ngac et devint un artiste recherché par les grandes familles vietnamiennes ainsi que par les milieux coloniaux français. Victor Tardieu, directeur de l’École supérieure des Beaux-Arts d’Indochine, lui passa sa toute première commande, reconnaissance précoce qui contribua à asseoir sa réputation. Au fil des années, Pham Hau se distingua par une approche profondément novatrice de la laque, dans laquelle il sut intégrer des éléments traditionnels vietnamiens à une esthétique résolument contemporaine. Il développa une maîtrise exceptionnelle de la laque sculptée, élaborant des œuvres d’une grande complexité narrative, où motifs décoratifs, paysages et scènes symboliques s’entrelacèrent avec raffinement. En 1935, lors de la première exposition organisée à Hanoï par la Société Annamite d’Encouragement à l’Art et à l’Industrie (SADEAI), il remporta la médaille d’or pour ses peintures. Son nom parut en 1943 dans l’ouvrage Souverains et notabilités d’Indochine publié par le Gouvernement général de l’Indochine, consacrant sa place parmi les plus importants maîtres laqueurs de son temps. Parallèlement à son activité de créateur, il joua un rôle essentiel dans la préservation et la transmission de l’art de la laque au Vietnam. Il enseigna à l’École des Beaux-Arts de Hanoï, où il forma de nombreux élèves, leur transmettant un savoir technique exigeant et une conception profondément respectueuse de ce médium ancestral. Il s’éteignit en 1995, laissant derrière lui une œuvre considérable qui demeure aujourd’hui conservée dans des musées et d’importantes collections publiques et privées à travers le monde. Son influence continue de nourrir la reconnaissance internationale de la laque vietnamienne et d’inspirer les artistes contemporains. Le présent triptyque dévoile, au cœur d’une jungle luxuriante traitée en camaïeu de laque rouge, d’ocre et d’or, une harde de cerfs et de biches évoluant dans un paysage d’une grande richesse décorative. Selon une lecture de gauche à droite, le spectateur est progressivement invité à pénétrer dans cette végétation foisonnante, magnifiée par les rehauts d’or qui illuminent les feuillages et le ciel. La composition révèle ainsi une scène d’une profonde quiétude : au détour des arbres apparaît la harde, saisie dans un instant suspendu. Deux des animaux semblent aux aguets, attentifs à une présence soudaine, tandis que d’autres poursuivent paisiblement leur marche, accentuant la sensation d’un équilibre fragile entre mouvement et immobilité. La sérénité de cette scène est rendue avec une subtilité remarquable. Par la finesse du trait, la richesse des superpositions propres à la technique de la laque et la profondeur des fonds, l’artiste offre une vision poétique et idéalisée de son Vietnam natal, à la fois rural et tropical. Ce thème, cher à Phạm Hau, fut décliné à plusieurs
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