Auguste RODIN (1840-1917) L’Âge d’airain,... - Lot 62 - Maison R&C, Commissaires-Priseurs Associés

Lot 62
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Auguste RODIN (1840-1917) L’Âge d’airain,... - Lot 62 - Maison R&C, Commissaires-Priseurs Associés
Auguste RODIN (1840-1917)
L’Âge d’airain, petit modèle
Plâtre original conçu en 1875-1877
Cette version obtenue par réduction en novembre 1904 ; notre épreuve en bronze fondue en juillet 1930
Bronze à patine brune noire nuancée
Signé « Rodin » sur la terrasse à droite
Porte la marque du fondeur « Alexis Rudier / Fondeur Paris » à l’arrière à droite
Porte le cachet intérieur « A. Rodin »
H. 64,4 x L. 24,6 x P. 19 cm
Provenance :
- Musée Rodin, Paris
- Albert Dalimier (1876-1936), homme politique, Sous-Secré- taire d’État des Beaux-Arts au moment de la création du musée Rodin en 1916, membre du premier Conseil d’Administration du Musée Rodin de 1919 à 1923 (Acquis auprès du musée Rodin, mai 1931)
- Par descendance, collection privée, Paris
- Vente Leclere, Marseille, 27 octobre 2012, lot 91
- Collection particulière, Sud de la France
- Par descendance
Bibliographie :
- Antoinette Le Normand Romain, Rodin et le bronze, catalogue des œuvres conservées au Musée Rodin, Paris, Réunion des musées nationaux, 2007, vol. 1, pp.121-129 

L’Âge d’Airain est sans aucun doute l’une des œuvres les plus emblématiques d’Auguste Rodin. Le plâtre original de ce nu masculin est présenté pour la première fois à Bruxelles en janvier 1877. À travers l’art déjà maitrisé du modelage, ce savant jeu d’ombre et de lumière, cette émotion intériorisée, tout le génie du futur « Maître de Meudon » est déjà là.
En 1877 Rodin, alors jeune praticien du célèbre Albert Carrier-Belleuse (1824-1887) qu’il a suivi à Bruxelles en 1871, s’efforce de s’extraire de l’empreinte de son mentor et de faire valoir ses propres créations.
L’œuvre, d’abord intitulée Le Vaincu, puis L’Homme qui s’éveille et enfin L’Âge d’airain, est envoyée à Paris pour le Salon de mai 1877 (Salon auquel il ne participe alors que pour la deuxième fois, son marbre de l’Homme au nez cassé en 1875, n’ayant pas eu la réception espérée). Sa présentation déclenche alors un véritable scandale. La figure est si singulière, si vivante, d’un tel réalisme que les membres du Jury accusent l’artiste de l’avoir moulée sur nature.
En réalité, Rodin ne fait que transposer de façon magistrale les leçons qu’il a apprises l’année précédente, en 1875, lors de son séjour à Florence. Sa rencontre avec les œuvres de la Renaissance et de Michel-Ange a alors été une véritable révélation. Le naturalisme, la vitalité, la précision anatomique de L’Âge d’Airain déconcertent le jury du Salon et le public habitués à l’académisme qui prédomine en cette fin de XIXème siècle.
Dans un contexte troublé post-guerre Franco- Prussienne, Rodin, marqué par la déroute française, a peut-être voulu transcrire la douleur et la prise de conscience de la responsabilité individuelle de chaque français dans l’humiliante défaite. À travers
cette œuvre, il illustre plus universellement l’éveil d’un jeune homme aux affres de l’histoire qui le précède et à l’incertitude de son avenir.
Ce tout jeune homme - le soldat et télégraphiste belge, Auguste Neyt- est représenté grandeur nature, un bras à demi levé, l’autre portant la main sur le haut de sa tête, le corps tout en extension dans une position légèrement en contrapposto. Rodin traduit remarquablement ici les tourments de l’âme humaine.
Ce scandale du Salon qui aurait pu briser sa carrière d’artiste avant même qu’elle ne naisse, le pousse à se défendre. Il est secouru par Carrier-Belleuse, témoin de la genèse de l’œuvre. Finalement lavé de tout soupçon, Rodin entre enfin dans la lumière. L’État lui achète l’œuvre pour la somme de 300 Francs et en commande une version en bronze à Thiébaut-frères en 1880. Le chef-d’œuvre est placé dans les Jardins du Luxembourg en 1884.
À notre connaissance, l’œuvre, dans ces dimensions (H. 64,4 x L. 24,6 x P. 19 cm), a été éditée en bronze par Alexis Rudier en dix-sept exemplaires : cinq vers 1907 et douze de 1918 à 1945 (dont le nôtre). À partir de 1945 Georges Rudier en édite encore six exemplaires.
Cette œuvre sera incluse au Catalogue Critique de l’œuvre Sculpté d’Auguste Rodin actuellement en préparation à la galerie Brame & Lorenceau sous la direction de Jérôme Le Blay sous le numéro 2012- 4003B.
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